Historiquement, le voyage a longtemps été perçu non comme une évasion, mais comme une quête. Du pèlerin médiéval sur le chemin de Compostelle, au compagnon tailleur de pierre allant de chantier en chantier, jusqu’au sage oriental arpentant les routes de la soie, partir signifiait rechercher quelque chose de plus grand que soi. Le périple avait un but intérieur autant qu’extérieur : salut de l’âme, illumination spirituelle, transmission, connaissance du monde et de soi-même. Loin d’être une errance sans signification, la route était un maître exigeant qui éprouvait le voyageur pour mieux le révéler à lui-même. On songe aux récits d’initiation où le héros, tel Ulysse dans L’Odyssée, affronte mille épreuves loin de chez lui avant de se retrouver – au terme du voyage, il rentre à Ithaque transformé, riche de toutes les leçons apprises en chemin.