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La conscience subjective

Comment se fait-il que de la matière (des neurones, des synapses) produise de l’expérience subjective, du ressenti, de la pensée ? C’est ce que le philosophe David Chalmers a appelé le « hard problem » de la conscience. Malgré les progrès des neurosciences pour cartographier le cerveau et comprendre ses corrélats neuronaux (on sait quels circuits s’activent dans telle émotion, telle perception), le saut qualitatif entre l’activité électrique d’un amas de cellules et la sensation vécue (par exemple la saveur du chocolat, le bleu d’un ciel, la douleur d’une brûlure) reste inexplicable en l’état actuel. La conscience est-elle une propriété émergente irréductible ? Est-elle une illusion (comme certains matérialistes radicaux le prétendent) ? Ou bien un élément fondamental de l’Univers, au même titre que l’espace, le temps et l’énergie, comme le pensent les philosophes panpsychistes qui attribuent une forme de proto-conscience à toute matière ? Nous naviguons ici en plein mystère. Ce qui est sûr, c’est que nous sommes conscients, et c’est même par la conscience que toute la réalité nous apparaît. C’est le fameux paradoxe : peut-on comprendre complètement l’Univers sans comprendre l’outil même par lequel on le comprend, à savoir notre conscience ? D’aucuns diront qu’une telle compréhension totale est impossible, un système ne pouvant se saisir entièrement lui-même. D’autres tenteront la gageure ! Quoi qu’il en soit, le mystère de la conscience s’entrelace avec celui du réel lui-même. Peut-être finira-t-on par découvrir qu’ils ne font qu’un – hypothèse de l’idéalisme philosophique, où la matière serait au fond une forme de l’esprit. Mais là, nous ne sommes plus dans la science empirique, plutôt dans la spéculation métaphysique.


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