À première vue, le monde nous paraît stable. Nous croyons voir dans les montagnes une solidité immuable, et dans notre propre être une continuité assurée. Pourtant, cette impression est trompeuse. À y regarder de plus près, rien ne demeure identique, rien n’échappe à la loi du changement perpétuel : les civilisations naissent et s’éteignent, les montagnes s’érodent, les étoiles ont un début et une fin ; nous-mêmes, d’instant en instant, changeons sans vraiment en prendre conscience. C’est un constat empirique universel : tout coule, tout est flux. Autant dire que la permanence absolue est absente du monde sensible. Déjà au VIᵉ siècle av. J.-C., le philosophe Héraclite enseignait que « rien n’est permanent, sauf le changement ». Il illustrait cette intuition par une image restée célèbre : « Nul homme ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve ».
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L’impermanence
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