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Le sommet du Nirvāna


Il existe un état, ici-même dans cette vie, où toute cette insatisfaction peut cesser, où le feu ardent du désir est complètement apaisé. Les bouddhistes appellent cet état nirvāna (ou nirvana, littéralement « extinction » en sanskrit/pali). Nirvāna évoque l’image d’une flamme qu’on souffle sur une lampe à huile – la flamme du désir qui s’éteint faute de carburant. Si l’on reprend l’analogie médicale : après le constat lucide du symptôme (1ère Vérité) et l’identification du diagnostic (2ème Vérité), voici le pronostic : oui, cette maladie peut guérir. Le Bouddha affirme que, en éliminant le désir avide, on atteint un état de santé parfaite de l’esprit – la libération finale. Dans les textes bouddhiques, la Troisième Vérité est formulée comme « la cessation de cette soif, son abandon, le renoncement à elle, la délivrance, le détachement à son égard ». En langage simple : quand on lâche complètement prise de tanhā, la souffrance disparaît. Vous pourriez légitimement demander : « À quoi peut bien ressembler un état sans aucune souffrance ? Est-ce même réalisable humainement, ou est-ce une utopie lointaine ? » Le Bouddha répondrait que c’est une réalité à expérimenter soi-même, et il en a donné des indications dans ses enseignements. Nirvāna est décrit par des images suggestives : c’est le « refuge sûr », l’« île inébranlable au milieu du flot », le « non-conditionné », l’état « non-né, non-produit, non-composé » où il n’y a « ni chagrin, ni lamentation, ni douleur, ni désespoir ». Évidemment, c’est un état qui sort de nos expériences ordinaires, donc difficile à décrire avec nos mots habituels – on ne peut en parler que par analogies ou en négatif (en disant ce qu’il n’est pas). Nirvāna, ce n’est pas un paradis quelque part dans le ciel, ce n’est pas non plus l’annihilation nihiliste du soi dans le néant. Nirvāna, c’est une transformation radicale de la façon d’être. C’est un état d’être libéré de l’ignorance et de l’attachement, donc paisible au plus haut point. On peut tenter d’approcher cette notion de deux manières : par négation et par affirmation.


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